TRIBUNE DES DEBATS

Pierre Rosanvallon et la grande transformation des démocraties

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Dans La Légitimité démocratique, un ouvrage qui relève comme le précédent de la théorie politique, et s'appuie sur les travaux récents d'historiens et de philosophes mais aussi – c'est plus marqué – de la sociologie, et notamment de la sociologie politique française la plus intéressante, Pierre Rosanvallon prolonge son constat d'un décentrement démocratique qui relativise l'acte électoral, le replace dans un ensemble démocratique plus vaste. Il montre ainsi comment l'ancien système qui reposait sur deux légitimités classiques parallèles, l'électorale et l'administrative pour le dire vite, a été complexifié par l'ajout des trois nouveaux types de légitimités qui font l'objet principal de ce livre à la fois clair et puissant.

Dans cet entretien, Pierre Rosanvallon présente tour à tour ces légitimités d'impartialité, de réflexivité et de proximité, en s'arrêtant sur des exemples historiques concrets pris dans différentes démocraties occidentales (montées en puissance parallèle des autorités indépendantes, des cours suprêmes et du «participatif»...). Il apparaît alors clairement que nos démocraties ont subi depuis une trentaine d'années des mutations aussi profondes que largement impensées. C'est à cette théorisation de pratiques qui peuvent s'avérer aussi positives que dangereuses que s'attelle Pierre Rosanvallon dans ce livre original.

Entretien en neuf séquences.

1. Dans quelle mesure La Légitimité démocratique peut se lire comme la suite de La Contre-Démocratie ? Et comment ce nouveau livre s'insère-t-il dans un programme de recherche plus vaste sur le «décentrement» des démocraties ?

2. Votre travail relève-t-il toujours de l'histoire ou bien s'agit-il désormais clairement de théorie politique ?

3. Pouvez-vous décrire ce que vous appelez le système classique de la double légitimité sur lequel ont longtemps reposé les démocraties ?

4. Comment cette double légitimité a-t-elle été fragilisée ?

5. La montée en force du marché a-t-elle joué un rôle dans l'affaissement des légitimités traditionnelles ?

6. Comment sont apparus les trois nouveaux modes de légitimité ?

7. Comment expliquez-vous la montée en puissance de la légitimité réflexive, et notamment avec le rôle croissant des cours constitutionnelles ?

8. Vous distinguez un dernier type de légitimité, qui ne relève plus du régime politique mais de ce que vous nommez «conduite politique». De quoi s'agit-il ?

9. En dépit de la montée de ces nouvelles légitimités, vous pointez un risque fort d’«impolitique», qu'entendez-vous par là ?

 

Source: http://www.mediapart.fr
par Sylvain Bourmeau, 23 oct 2008

 
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