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DANIEL BENSAID EST DECEDE CE 12 JANVIER 
UN TEMOIGNAGE DE JEAN JOSE MESGUEN,
professeur de lettres au lycée Nord et militant du NPA à Marseille

Daniel Bensaïd vient de mourir. Il va me manquer, et je ne suis pas le seul.
La même génération, mais le contraire de cet ersatz autocélébrant que furent
les "nouveaux philosophes".

Je ne l'ai croisé que quelquefois, nous n'avons eu que des bribes de
conversation — la première fois, c'était justement aux obsèques d'une
camarade — mais j'ai toujours eu le sentiment d'une vraie cohérence entre la
pensée, l'action et tout simplement la manière d'être, pour une fois
Telerama a trouvé le mot juste : "tendance radical modeste".
http://www.telerama.fr/idees/le-philiosophe-daniel-bensaid-est-mort,51510.ph


En tout cas, pour tous ceux qui se demandent à quoi ça rime d'être marxiste
aujourd'hui, Daniel n'a jamais cessé de donner des réponses. On va avoir
beaucoup de choses à relire et à méditer, et on le remercie de nous les
avoir laissées.

Quelquefois strictement philosophique, je pense à la Discordance des Temps,
Marx l'intempestif ou Le pari mélancolique ; parfois strictement politique,
je pense à ses textes sur Mai 68, ou sur la "deuxième gauche" (Rocard, les
haillons de l'utopie) ; parfois essayiste kaléidoscopique, ceux de ses
textes qui m'ont fait le plus jubiler intellectuellement et qui ont laissé
perplexes marxistes et antimarxistes, comme "Moi la Révolution" (contre le
Bicentenaire de 89/enterrement de 93), ou "Jeanne de guerre lasse"(où l'on
rencontre une figure de Jeanne d'Arc dans la lignée de Michelet,de Péguy,
mais aussi de Delteil). Et, toujours intéressé par les grands hérétiques du
marxisme, Bloch, Benjamin, relisant Pascal pour un pari sans garantie
transcendante, son "Walter Benjamin", très politique au moment où
l'Université le découvrait pour l'aseptiser aussitôt.

"Tu comprendras, citoyen-président, que je décline l'invitation à tes
festivités étatiques, si tant est que ces mots soient compatibles.
S'il faut à tout prix "faire quelque chose" pour mon bicentenaire, comme on
"fait quelque chose" pour le réveillon, par inertie et habitude, je le ferai
dans l'intimité, avec chopine et saucisson, des pâtes à l'ail et du boudin
antillais, en souvenir d'Ignace et de Moïse… J'écouterai Gal Costa et Paco
Ibañez, Fascinação par Elis Regina, le Condamné à Mort de Genet, et Marianne
Faithfull, chantant de sa voix déchue le Boulevard of broken dreams.
Ce sera de circonstance." (Moi, la Révolution-1991)

et puis ça aussi :

"il y a des morts subites et des morts lentes,
des morts distraites et des morts acharnées,
des morts légères comme un enlèvement,
des morts lourdes comme un enterrement,
des morts annoncées et des morts impromptues,
des morts résignées et des morts révoltées,
des morts révoltantes et des morts insolentes,
des morts en haillons, aux croque-morts pressés,
des morts oublieuses et des morts rancuneuses,
des morts lisses et des morts noueuses,
des morts bâclées et des morts apprêtées,
des morts agonisantes et des morts rayonnantes…
Tout compte fait, il ne reste pourtant que la mort sans phrases et sans
discours, sans façons et sans atours. La mort tout court. Chacun son tour.
L'affaire du monde la mieux partagée. Pas de quoi en faire une histoire
capitale. On ne devrait même pas lui en vouloir" (Jeanne de guerre
lasse-1989)


jjm

>> Lire aussi "Daniel Bensaïd, éclaireur et sentinelle"


APPEL à la suppression du Ministère de l'Identité nationale et de l'Immigration

Nous tenions à vous informer de la mise en ligne du site www.pourlasuppressionduministeredelidentitenationale.org où vous retrouverez :

-         Un appel, à signer et à faire circuler ;
-         Des textes de références ;
-         Un film en préparation et une souscription.

 


Notre dossier:
HOMMAGE à François MASPERO

Pour celles et ceux  de ma génération, l'éditeur et écrivain François MASPERO,arrière petit fils d'un célèbre égyptologue, petit fils d'un non moins célèbre sinologue et néanmoins militant anti colonialiste, tiers mondiste, a joué un rôle de formation intellectuelle et politique considérable.
Le journal MEDIAPART est fondé par E.PLENEL qui fut lui aussi un assidu de la JOIE DE LIRE (tout un programme!) au quartier Latin.
Cela fera 50 ans qu'il ouvrit sa maison d'éditions.

Gérard Perrier

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Photographie: Jean-Luc Bertini

  • L'éditeur et son catalogue

En 1969 Chris Marker réalise un film « les mots ont un sens », dans lequel il présente le travail réalisé aussi bien à la librairie « la joie de lire » que par la maison d'édition François Maspero. À cette occasion François Maspero explique ce qu'est pour lui le catalogue de l'éditeur.

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  • Maspero, au carrefour des mondes

Il y a cinquante ans, des presses de l'imprimerie La Semeuse à Étampes, sortait le premier livre des éditions François Maspero, La Guerre d'Espagne de Pietro Nenni. La parution de ce livre était comme une nécessité pour tous ceux qui, comme François Maspero, avaient l'Espagne au cœur. Deux ans auparavant, François Maspero avait ouvert la librairie La Joie de Lire. Depuis l'âge de vingt et un ans il avait choisi de faire du livre son métier.

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  • 1959, 1982: 1350 livres, une dizaine de revues

De 1959 à 1961 François Maspero assure seul la vie de la maison d'édition, du graphisme à la correction des épreuves. A l'automne 1961 entrent dans la maison d'édition, Jean Philippe Bernigaud, et Fanchita Gonzalez Batlle. Rejoints par Émile Copfermann en 1965.

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livres et revues

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Années 60 les responsables des éditions: de gauche à droite : Nils Andersson, Émile Copfermann, Jean-Philippe Talbo-Bernigaud, François Maspero et Dino Arvanitis. Photo de Fanchita Gonzalez Batlle.

 

 
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